Une chose est sure, tous les éditeurs de CRM marketing savent vendre. Ils savent tous faire des démos brillantes, valoriser l’interface et les fonctionnalités proposées par leur solution, mais très peu vous diront ce que leur outil ne sait pas faire, à partir de quel volume il devient inadapté ou dans quel cas d’usage il sera mis en échec par un concurrent.
Cette asymétrie d’information est le terreau des mauvais choix. Vous comparez des outils sur la base de ce que les éditeurs veulent bien vous montrer, vous prenez la décision en quelques semaines, vous découvrez les vraies limites de l’outil choisi au bout de quelques mois d’exploitation – limites que vous payez ensuite pendant des années…
Cet article ne va pas vous présenter les outils du marché un par un. Si vous cherchez à savoir quel éditeur correspond à votre profil, nous avons publié un comparatif détaillé des meilleurs logiciels CRM marketing qui analyse quatorze solutions. Le guide que nous vous proposons ici joue un autre rôle, celui de vous outiller pour mener la démarche de choix avec la bonne méthode et la bonne grille de lecture.
Nous y abordons quatre sujets que les comparatifs traitent rarement :
- La distinction entre périmètre et profondeur fonctionnelle, qui est probablement la confusion la plus coûteuse au moment du choix.
- Les sept critères qui doivent vraiment peser dans votre grille d’évaluation.
- La méthode de cadrage en cinq étapes que nous appliquons quand nous accompagnons un client.
- Les cinq pièges qui sabotent le plus souvent les démarches de sélection.
À la fin de la lecture, si vous arrivez jusque-là, vous saurez quoi demander aux éditeurs, à qui et comment évaluer les réponses.
Sommaire
- L’essentiel à retenir
- Les enjeux : le choix de votre Logiciel CRM Marketing engage votre dispositif relationnel sur plusieurs années
- Les 4 questions à clarifier avant de regarder les outils
- Le paysage du Logiciel CRM marketing : 4 niveaux de maturité
- Réussir le choix de votre Logiciel CRM Marketing en 6 étapes
- Les 7 critères qui doivent vraiment peser dans votre choix
- Périmètre vs profondeur fonctionnelle : ne confondez pas les deux
- La grille de lecture de la profondeur fonctionnelle d’un Logiciel CRM Marketing
Cartelis est un cabinet de conseil opérationnel CRM.
Nous aidons nos clients à structurer et exploiter pleinement leur dispositif CRM / Relation client.
- Cartographie & analyse des parcours clients
- Analyse avancée de la base clients / actions marketing
- Définition des programmes relationnels
- Architecture CRM & choix des solutions
- Mise en place datamart & flux de données
- AMOA projet CRM & paramétrage scénarios
- Pilotage & Amélioration de la performance
Cartelis transforme vos projets CRM
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Nous vous accompagnons de bout en bout : expression du besoin, choix indépendant des logiciels, cadrage méthodologique et pilotage opérationnel (AMOA).
Pas seulement du conseil, mais un engagement dans l’action pour sécuriser vos projets et maximiser leur impact.
Prendre contact avec CartelisL’essentiel à retenir
Si vous n’avez pas le temps de parcourir l’article complet, voici sept questions que vous vous posez probablement et les réponses que nous apportons. Chacune est développée plus loin.
| Question | Réponse Cartelis |
|---|---|
| Combien de temps faut-il pour bien choisir un logiciel CRM marketing ? | Entre deux et quatre mois pour un projet sérieux. Moins, vous bâclez le cadrage. Plus, vous tournez en rond et vous épuisez les équipes. Comptez grosso modo (cela peut bien sûr varier…) quatre semaines de cadrage interne, quatre semaines de consultation des éditeurs, deux semaines d’arbitrage final. |
| Quel est le critère le plus sous-estimé dans un choix de CRM marketing ? | La facilité d’utilisation. Un outil que vos équipes utilisent à 70 % de sa puissance vaut beaucoup mieux qu’un outil utilisé à 20 %. L’adoption est le levier numéro un du retour sur investissement. |
| Périmètre ou profondeur fonctionnelle : que regarder en premier ? | Le périmètre filtre, la profondeur discrimine. Le périmètre vous dit si l’outil sait faire ce dont vous avez besoin tandis que la profondeur vous dit à quel niveau de sophistication il le fait. Les deux comptent, mais c’est la profondeur qui vous révèle si l’outil tiendra dans la durée. |
| Faut-il toujours faire une démo, et comment ? | Oui, mais jamais sur la base d’une démo générique. Préparez deux ou trois cas d’usage concrets issus de votre activité, exigez qu’ils soient couverts en démo. Une démo générique vous laisse penser que tous les outils savent tout faire. |
| Comment éviter de payer un outil surdimensionné ? | Le plus important est d’identifier le niveau de maturité de votre dispositif. Choisir Adobe Campaign quand vous démarrez votre marketing relationnel revient à acheter un camion semi-remorque pour livrer des pizzas. |
| Faut-il se faire accompagner pour ce choix ? | Si votre projet dépasse 30 k€ annuels, oui. Un cabinet AMOA indépendant vous évite les biais commerciaux des éditeurs et structure votre grille fonctionnelle. Il peut aussi challenge vos hypothèses. À partir de ce seuil, l’investissement est largement rentabilisé. |
| Le pricing affiché des éditeurs est-il négociable ? | Oui, presque toujours, particulièrement sur les paliers volumétriques et la durée d’engagement. Certains éditeurs sont capables de remises de 20 % et plus, surtout en fin de trimestre commercial. |
Les enjeux : le choix de votre Logiciel CRM Marketing engage votre dispositif relationnel sur plusieurs années
Une décision dont vous ne reviendrez pas facilement
Changer de CRM marketing est une opération lourde, longue, qui mobilise plusieurs équipes pendant des mois et qui s’accompagne d’une perte de vélocité significative pendant la période de bascule.
Quand vous adoptez un outil, vous adoptez en réalité un écosystème :
- Vous formez vos équipes marketing à son interface.
- Vous construisez vos scénarios automatisés dans son moteur d’automation.
- Vous calibrez votre segmentation sur son modèle de données.
- Vous connectez vos sources (site web, e-commerce, CRM commercial, outils de support) à ses API.
- Vous historisez progressivement votre relation client dans sa base.
Toutes ces couches sont consommatrices de temps et d’argent à mettre en place. Toutes sont consommatrices de temps et d’argent à démanteler le jour où vous voulez en changer. C’est ce qu’on appelle le coût de bascule et il est largement sous-estimé au moment du choix initial.
Sur 5 à 7 ans, vos dépenses cumulées en licences, en intégration, en formation, en accompagnement éditeur et en exploitation interne pèsent plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d’euros, selon la taille de votre dispositif.
Un mauvais choix initial n’est pas une erreur que vous payez une fois. Vous la payez toute la durée de vie du dispositif.
Pourquoi un benchmark Google ne suffit pas
Bien souvent, la démarche consiste à suivre ces étapes :
- On tape « meilleur logiciel CRM marketing » sur Google.
- On parcourt deux ou trois comparatifs (souvent rédigés par des affiliés qui sont rémunérés par les éditeurs cités).
- On regarde les notes G2 ou Capterra.
- On planifie trois démos commerciales.
- On signe.
Cette démarche est insuffisante pour plusieurs raisons :
- Premièrement, les comparatifs en ligne survolent les outils sans connaître votre contexte.
- Ensuite, les notes utilisateurs sont biaisées par les profils qui prennent le temps de noter (grosso modo : les très satisfaits ou les très mécontents).
- Troisièmement, les démos commerciales sont conçues pour vendre, pas pour révéler les limites du produit.
Tout cela vous donne l’illusion d’avoir comparé alors que vous n’avez en réalité fait qu’un sondage de surface.
La vraie comparaison commence en interne, par un cadrage rigoureux de vos besoins. C’est de là que tout doit partir.
Le marché de l’outillage marketing reflète d’ailleurs cette lacune méthodologique : selon les études disponibles, une part importante des plateformes de marketing automation déployées sont sous-utilisées de manière chronique, avec des fonctionnalités payées et jamais activées. Nous avons consacré un article à cette sous-utilisation chronique des outils de marketing automation.
Trois conséquences concrètes d’un mauvais choix de Logiciel CRM Marketing
Un mauvais choix de CRM marketing provoque 3 dérives lentes, presque invisibles au début, qui s’aggravent dans la durée :
- D’abord, la sous-utilisation. Vos équipes utilisent 20 % de l’outil au lieu de 70 %, les scénarios avancés ne tournent pas, la segmentation reste sommaire et les fonctionnalités les plus prometteuses (celles qui justifiaient votre choix) restent à l’état de promesse. Voir à ce sujet notre article sur la sous-utilisation chronique des outils de marketing automation.
- Ensuite, la dérive budgétaire. Votre base de contacts grossit, vous franchissez un palier volumétrique, le tarif fait un bond. Vous découvrez qu’une fonctionnalité critique est un module additionnel facturé séparément et vous payez un intégrateur pour des opérations que vous pensiez pouvoir gérer en interne.
- Enfin, la désaffection des équipes. C’est le plus grave. Les marketeurs contournent l’outil avec leurs propres solutions (un outil d’emailing en parallèle, des extractions Excel…). La donnée s’éparpille et vous perdez in fine la vision client unique.
Ces trois dérives sont la signature d’un outil mal choisi. La bonne nouvelle, c’est qu’elles sont toutes évitables.
Les 4 questions à clarifier avant de regarder les outils
Avant d’ouvrir le premier comparatif , posez-vous ces quatre questions. Une fois que vous y avez répondu honnêtement, vous avez déjà éliminé 70 % du marché.
#1 Quels canaux, quelle ambition relationnelle ?
Si vous ne faites que de l’emailing, vous n’avez pas besoin d’une plateforme à 50 000 € par an. Une solution légère fera très bien le travail, à un coût quinze fois inférieur. Si vous ajoutez le SMS et le marketing automation simple, vous êtes dans le segment des plateformes mid-market accessibles. Si vous orchestrez de l’email, du SMS, du push mobile, du WhatsApp, du courrier et du retargeting de manière coordonnée, vous changez de division : vous êtes sur une plateforme enterprise ou sur une Customer Engagement Platform.
Cette question des canaux est la plus structurante de toutes. Elle détermine la famille d’outils dans laquelle vous devez chercher.
#2 Quels volumes, quelle logique de pricing ?
Le pricing du CRM marketing obéit à une logique très différente du pricing du CRM commercial. Là où un CRM de vente vous est facturé au nombre d’utilisateurs, un CRM marketing vous est facturé au volume de contacts ou d’envois.
Conséquence directe : un outil peu cher à 10 000 contacts peut devenir le plus cher à 200 000 contacts. Les paliers volumétriques fonctionnent souvent par sauts, pas linéairement. Vous passez de 150 € à 400 € par mois en franchissant un seuil.
Avant de demander un devis à un éditeur, calculez votre base réelle (contacts actifs, pas seulement contacts en base) et projetez votre croissance à 24 mois. Demandez systématiquement le tarif à votre volume cible, pas seulement au volume actuel.
#3 Quels scénarios prioritaires ?
Un dispositif de CRM marketing s’appuie sur deux logiques complémentaires :
- La logique des campagnes : newsletters, opérations commerciales planifiées, événements ponctuels, etc.
- La logique des scénarios automatisés : relances panier abandonné, scénarios d’anniversaire, parcours de bienvenue, workflows de réactivation, etc.
Tous les outils ne sont pas aussi bons sur les deux.
Mailchimp est très bon en campagnes mais reste limité en scénarios complexes. ActiveCampaign fait l’inverse, avec des workflows très flexibles mais une expérience campagne moins fluide. Brevo couvre les deux à un niveau très honorable.
Avant de regarder les outils, listez vos 5 à 10 scénarios prioritaires. Si vos scénarios sont sophistiqués (branchements conditionnels, scoring, multi-étapes), tournez-vous vers les outils avancés en automation. Si vos besoins sont surtout en campagnes, vous avez plus de choix.
Pour creuser ce sujet, consultez notre guide des scénarios de marketing automation.
#4 Quel niveau d’autonomie ou d’accompagnement ?
- Les solutions légères fonctionnent principalement en self-service. Cela signifie que votre équipe doit se débrouiller avec la documentation et un support technique limité.
- Les plateformes mid-market proposent généralement un Customer Success Manager dédié avec un nombre d’heures conventionné.
- Les suites enterprise imposent un intégrateur tiers pour le déploiement initial et un accompagnement régulier.
Posez-vous la question franchement : vos équipes ont-elles le temps et les compétences pour s’approprier un outil seul ?
Si la réponse est non, n’achetez pas un outil enterprise sans budgéter l’accompagnement qui va avec. Le coût d’un intégrateur sur un projet enterprise peut représenter de 50 % à 100 % du coût des licences la première année.
Le paysage du Logiciel CRM marketing : 4 niveaux de maturité
Le marché du CRM marketing a littéralement explosé en dix ans. Pour s’y retrouver, il est utile de distinguer quatre niveaux de maturité. Cette distinction n’est pas un classement, c’est une grille de lecture. Chaque niveau correspond à un type d’usage, à un volume de contacts et à une logique tarifaire.
Niveau 1 : les gestionnaires de campagnes email
C’est le point d’entrée du marché. Ces outils vous permettent d’envoyer des newsletters et des emails promotionnels, parfois du SMS. Vous y trouverez par exemple Mailchimp en version standard ou Brevo dans son offre gratuite. Ce sont des outils simples à prendre en main, peu coûteux, mais qui montrent leurs limites dès que vous cherchez de la finesse en segmentation ou en scénarios automatisés.
C’est une catégorie faite pour une TPE, une petite PME, une association ou une entreprise qui découvre le marketing relationnel.
Niveau 2 : les plateformes de marketing automation
C’est le segment où la majorité des PME et ETI françaises se positionnent aujourd’hui. Vous accédez à des scénarios automatisés avec triggers comportementaux, du scoring, de la segmentation dynamique, des A/B tests intégrés. Les acteurs de référence : ActiveCampaign, HubSpot Marketing Hub, Brevo en version avancée, Actito, NP6, Splio.
C’est la catégorie la plus dynamique, celle où le rapport fonctionnalités/prix est le meilleur. Si vous êtes une PME ou ETI qui structure son dispositif relationnel, vous chercherez très probablement ici.
Niveau 3 : les suites de CRM marketing enterprise
Vous orchestrez à grande échelle (plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions de contacts), sur l’ensemble des canaux, avec des cas d’usage complexes. Adobe Campaign, Salesforce Marketing Cloud, Selligent (Zeta Global), Emarsys (SAP) et Microsoft Dynamics 365 Customer Insights jouent dans cette cour.
Les budgets démarrent rarement en dessous de 40 000 € par an et grimpent rapidement à plusieurs centaines de milliers d’euros. Le déploiement se compte en mois plutôt qu’en semaines. C’est le segment des grands groupes du retail, des banques, des télécoms et des acteurs e-commerce à fort volume.
Niveau 4 : les Customer Engagement Platforms
C’est la couche la plus récente du marché. Une Customer Engagement Platform va au-delà du CRM marketing classique : elle se connecte en temps réel à vos données unifiées (CDP, data warehouse) pour orchestrer des parcours contextualisés. Braze, Batch, Iterable, MoEngage, Insider, Actito (sur ses fonctionnalités les plus récentes) sont des exemples de cette nouvelle catégorie.
Une CEP suppose une maturité data forte. Si votre architecture data n’est pas en place, c’est prématuré. Pour approfondir, consultez notre guide dédié aux Customer Engagement Platforms.
Ne confondez pas CRM marketing et CRM commercial !
Précision utile au passage. Le terme CRM est ambigu. Dans une organisation B2B, « CRM » fait souvent référence à un CRM commercial (Salesforce Sales Cloud, HubSpot Sales Hub, Pipedrive), utilisé par les équipes de vente pour gérer leur pipeline. Le CRM marketing est un outil distinct, utilisé par les équipes marketing pour orchestrer les campagnes et les scénarios. Les deux outils se complètent mais ne se confondent pas. Si votre besoin porte sur le pilotage du pipeline commercial, consultez notre guide complet sur le projet CRM commercial.
Réussir le choix de votre Logiciel CRM Marketing en 6 étapes
Le choix du CRM marketing est l’aboutissement d’une démarche, pas son point de départ. Vous ne choisissez pas un outil pour ensuite définir ce que vous allez en faire, c’est l’inverse qui est vrai : vous définissez ce que vous voulez accomplir, puis vous identifiez l’outil qui vous permettra d’y arriver.
La démarche que nous appliquons quand nous accompagnons un client sur un projet de sélection tient en six étapes. Chaque étape produit la matière première de la suivante.
Étape 1 : Auditer votre dispositif existant
Avant de regarder le premier outil, sachez d’où vous partez :
- Quels outils CRM utilisez-vous aujourd’hui, depuis combien de temps ?
- Quels canaux de dialogue activez-vous ?
- Quels scénarios automatisés tournent déjà, à quelle performance ?
- Quels points de friction reviennent dans le quotidien des équipes marketing ?
- Quelle est la qualité de votre base de contacts, son taux de doublons, sa délivrabilité moyenne ?
- Etc.
Cette étape est zappée huit fois sur dix. C’est l’erreur fondatrice. Un audit permet souvent de révéler que la plupart, sinon la majorité, des frustrations attribuées à l’outil viennent en réalité du dispositif relationnel lui-même. Changer d’outil sans avoir fait ce travail revient à transposer les mêmes frustrations dans une interface plus jolie.
L’audit doit aussi quantifier votre dispositif : volume de la base de contacts, nombre de campagnes annuelles, scénarios actifs, performance moyenne (taux d’ouverture, taux de clic, délivrabilité), volumes de transactions et de tickets service client.
Étape 2 : Définir et hiérarchiser vos objectifs
Pourquoi entreprenez-vous ce projet ? Quels enjeux business cherchez-vous à servir ? Augmenter la fidélisation, professionnaliser le marketing automation, harmoniser l’expérience cross-canal, améliorer la connaissance client, soutenir la croissance commerciale ?
Nous recommandons un atelier « Objectifs » en démarrage de projet, réunissant des représentants des différents métiers (marketing, ventes, service client, IT) et au moins un membre du comité de direction.
L’atelier doit déboucher sur quatre livrables :
- Quatre à six objectifs business priorisés et formalisés.
- Pour chaque objectif, un ou deux KPI mesurables et un horizon de réalisation.
- Une vision partagée entre métiers de ce que le projet doit accomplir.
- Une liste explicite de ce qui n’est pas dans le scope (utile pour les arbitrages futurs).
Les objectifs business sont la matière première de tout le reste. Sans eux, vous serez incapable de trancher entre deux outils techniquement équivalents qui répondent à des logiques business différentes. Pour creuser ce travail d’objectivation, voir notre guide sur les programmes relationnels.
Étape 3 : Qualifier vos cas d’usage et en déduire les fonctionnalités cibles
C’est le cœur de la méthode. Les objectifs business se traduisent en cas d’usage outils, qui se traduisent eux-mêmes en fonctionnalités cibles. Cette chaîne descendante (objectifs vers cas d’usage vers fonctionnalités) garantit que vous évaluerez les outils sur ce qui compte vraiment pour votre activité, pas sur des listes génériques de fonctionnalités cochées hors-sol.
Prenons un exemple concret :
- Vous fixez comme objectif « augmenter la fidélisation des clients existants ».
- Vous en déduisez plusieurs cas d’usage : envoyer un email d’anniversaire personnalisé avec un code promo, relancer les inactifs à 90 jours sans achat, déclencher un scénario post-achat à J+30 avec recommandations basées sur la dernière commande, segmenter dynamiquement les contacts selon leur valeur RFM.
- De ces cas d’usage, vous déduisez les fonctionnalités cibles : segmentation comportementale dynamique, marketing automation avec triggers événementiels, personnalisation contextuelle des emails, calcul d’agrégats RFM, intégration des codes promotionnels.
Une fois la liste des fonctionnalités cibles établie, vous devez la hiérarchiser, en 3 catégories par exemple :
- Discriminant : sans cette fonctionnalité, l’outil est éliminé. Si vous faites du WhatsApp marketing, un outil sans intégration WhatsApp native est éliminé d’office.
- Important : la fonctionnalité pèsera dans le scoring final sans dénouer le choix à elle seule.
- Nice-to-have : la fonctionnalité serait un plus mais ne doit pas peser dans la décision.
Étape 4 : Formaliser votre cahier des charges CRM (ou votre brief)
Vous traduisez le travail des étapes précédentes en un document écrit, transmissible aux éditeurs consultés. Ce document n’a pas besoin d’être un cahier des charges formel de 50 pages. Un brief structuré de 10 à 15 pages suffit largement dans la grande majorité des cas. Pour un grand groupe avec des contraintes IT lourdes, on peut monter à 20 ou 25 pages. Au-delà, c’est presque toujours le signe d’un document mal hiérarchisé qui dilue les vraies priorités dans une accumulation de détails secondaires.
Ce que votre cahier des charges (ou brief) doit contenir :
- Présentation de votre entreprise : activité, organisation, chiffres clés, typologie de clientèle.
- Diagnostic du dispositif existant : outils en place, performances, limites identifiées.
- Objectifs du projet et KPI associés.
- Cas d’usage prioritaires : 5 à 10 cas concrets formulés à votre niveau métier (« envoyer un email personnalisé contenant les 3 produits abandonnés à J+1 après l’abandon panier, avec relance SMS à J+3 en cas de non-ouverture »).
- Liste hiérarchisée des fonctionnalités cibles (discriminant, important, nice-to-have).
- Volumétries et contraintes techniques : taille de base, fréquence d’envoi, intégrations attendues.
- Modalités de consultation : planning, livrables attendus, format de la démonstration.
Le piège classique du cahier des charges : la liste de courses fonctionnelle. La tentation est forte de tout mettre dans le document. La fonctionnalité X serait-elle utile ? Hop, dans le CDC. Et la fonctionnalité Y ? Hop. Au bout de quelques heures de réunion, vous avez 80 lignes, aucune n’est pondérée et les éditeurs cochent 95 % des cases. Vous n’avez rien appris. Un cahier des charges utile contextualise le projet et hiérarchise les priorités. Il n’épuise pas la liste des fonctionnalités existantes.
Pour aller plus loin et télécharger un template prêt à l’emploi, consultez notre guide de rédaction d’un cahier des charges CRM.
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Étape 5 : Consulter les éditeurs et organiser les démos sur vos cas d’usage
Vous identifiez d’abord une long-list de 8 à 12 outils candidats parmi les familles du marché, vous appliquez votre grille fonctionnelle pour la ramener à 3 ou 4 finalistes (la short-list), puis vous lancez les démos. Et ici, attention au piège majeur : ne laissez pas l’éditeur dérouler sa démo standard.
Préparez 2 ou 3 cas d’usage concrets issus de votre activité, transmettez-les à chaque éditeur avant la démo, exigez que la démonstration les couvre. Une démo générique vous laisse l’illusion que tous les outils savent tout faire alors qu’une démo construite sur vos scénarios réels révèle immédiatement les limites concrètes de chaque solution.
Étape 6 : Décider, négocier, contractualiser
Vous choisissez votre finaliste sur la base d’un POC ou d’un test approfondi de 2 à 4 semaines. Vous négociez. Le pricing affiché des éditeurs est presque toujours négociable, particulièrement sur les paliers volumétriques, la durée d’engagement et les modules additionnels. Certains éditeurs accordent des remises de 20 à 40 % en fin de trimestre commercial, quand leurs commerciaux ont besoin de boucler leur quota.
Vous formalisez ensuite le contrat avec attention particulière aux clauses sensibles : conditions de sortie, propriété et réversibilité des données, modalités de migration en cas de fin de contrat, garanties de niveau de service (SLA), évolutions tarifaires sur la durée du contrat. C’est dans le contrat que se joue votre marge de manœuvre dans 5 ans.
Les 7 critères qui doivent vraiment peser dans votre choix
#1 La facilité d’utilisation
C’est le critère le plus sous-pondéré et le plus important. Un outil parfait sur le papier mais dont vos équipes marketing ne s’emparent pas, c’est problématique. L’adoption est le levier numéro un de votre retour sur investissement et la facilité d’utilisation en est la condition.
Comment l’évaluer concrètement ? Demandez à un utilisateur non-tech de votre équipe (pas l’expert outil, pas le responsable du projet) de tester l’interface pendant la démo. Vous verrez immédiatement si l’outil est conçu pour l’utilisateur ou pour l’éditeur.
#2 La richesse des scénarios automatisés
C’est sur cette dimension que se jouent les écarts entre outils du même niveau, à savoir la profondeur des workflows, la granularité des triggers comportementaux, les branchements conditionnels, les scénarios multi-étapes, l’A/B testing intégré à un scénario.
À tester en démo :
- Peut-on déclencher un scénario sur un événement personnalisé ?
- Peut-on faire des branchements conditionnels sur 5 critères combinés ?
- Peut-on faire évoluer un score dynamique dans un scénario ?
#3 Les capacités de segmentation et de personnalisation
La finesse de la segmentation détermine la pertinence de votre communication. Segmentation RFM, comportementale, transactionnelle, prédictive : tous les outils ne traitent pas ces dimensions au même niveau. La personnalisation dynamique des contenus (insérer dans un email les produits abandonnés en panier, les recommandations basées sur l’historique d’achat) est un autre point différenciant.
#4 La couverture cross-canal
Plus l’outil couvre nativement de canaux, moins vous aurez besoin de connecteurs tiers et de jonglages entre interfaces. Faites le bilan des canaux que vous utilisez ou que vous voulez utiliser dans les 24 mois : Email, SMS, push mobile, WhatsApp, courrier postal, réseaux sociaux, retargeting display…
Attention au mirage des canaux « supportés via connecteur ». Un canal natif et un canal disponible via Zapier ne se comparent pas en qualité d’exécution.
#5 Le coût total de possession
Le prix licence ne dit pas tout, c’est le coût total de possession (TCO) sur trois ans qu’il faut comparer. Ce TCO inclut :
- Les licences.
- Les paliers volumétriques projetés.
- Les modules additionnels.
- L’intégration initiale.
- La formation des équipes.
- Le support premium éventuel.
- Le temps interne consommé.
Pour un cadrage budgétaire détaillé, consultez notre article sur le coût d’un projet CRM marketing.
#6 La robustesse et la pérennité de l’éditeur
Vous prenez un pari très différent en choisissant un poids lourd installé du marché ou une start-up de 8 salariés.
Quatre signaux à regarder :
- La santé financière publique de l’éditeur.
- L’ancienneté sur le marché.
- La roadmap publique sur 12 à 24 mois.
- Les événements récents (rachat, levée de fonds, plan de licenciement, changement de PDG).
Ce critère est systématiquement sous-pondéré dans les appels d’offres, alors qu’il pèsera lourd dans deux ou trois ans.
#7 L’hébergement et la souveraineté
Vous devez identifier où sont hébergées vos données, sous quelle juridiction et quel niveau d’exposition au CLOUD Act américain. La souveraineté n’est pas un switch binaire entre « souverain » et « pas souverain », c’est un curseur qui dépend de la sensibilité de vos données et de votre profil de risque.
Pour les acteurs publics, les établissements financiers, les organisations qui manipulent des données sensibles, la question pèse lourd. Pour d’autres profils, elle est secondaire. Nous développons largement ce sujet dans notre article sur les CRM français et les enjeux de souveraineté des données.
Cartelis est un cabinet de conseil opérationnel CRM.
Nous aidons nos clients à structurer et exploiter pleinement leur dispositif CRM / Relation client.
- Cartographie & analyse des parcours clients
- Analyse avancée de la base clients / actions marketing
- Définition des programmes relationnels
- Architecture CRM & choix des solutions
- Mise en place datamart & flux de données
- AMOA projet CRM & paramétrage scénarios
- Pilotage & Amélioration de la performance
Périmètre vs profondeur fonctionnelle : ne confondez pas les deux
C’est probablement la distinction la plus mal comprise dans les démarches de sélection et c’est celle qui mène le plus souvent à des arbitrages bancals.
Prenons le temps de la poser proprement.
Le périmètre fonctionnel = quelles briques sont présentes
Le périmètre fonctionnel répond à la question « quoi ». Quelles fonctionnalités, quels modules, quels canaux l’outil propose-t-il ? Email, SMS, push mobile, landing pages, formulaires, scoring, segmentation, marketing automation, reporting, gestion de la pression marketing. C’est la liste des cases que vous cochez dans un tableau comparatif.
Le périmètre est ce que les éditeurs mettent en avant dans leurs grilles tarifaires. Plus le périmètre est large, plus l’outil paraît complet.
La profondeur fonctionnelle = à quel niveau chaque brique est traitée
La profondeur répond à la question « comment ». À l’intérieur d’une fonctionnalité donnée, à quel niveau de sophistication est-elle implémentée ? L’outil « fait du marketing automation » : très bien. Mais propose-t-il 5 triggers ou 50 ? Permet-il des branchements conditionnels à 3 critères ou à 10 ? Sait-il modifier dynamiquement un score à l’intérieur d’un scénario ?
Deux outils peuvent cocher la même case « marketing automation » tout en proposant deux niveaux de sophistication radicalement différents :
- L’un permettra de faire un scénario d’anniversaire et une relance panier.
- L’autre permettra d’orchestrer des parcours multi-étapes avec scoring dynamique, branchements croisés et déclenchement par événement personnalisé.
Pourquoi confondre les deux mène à des arbitrages bancals
Le piège classique : un éditeur vous présente une grille avec 47 cases cochées, son concurrent en présente 38, vous concluez que le premier est plus complet. C’est faux. Le premier peut être un outil au périmètre large mais peu profond (lait écrémé partout). Le second peut être un outil au périmètre plus étroit mais beaucoup plus profond sur les fonctionnalités qui comptent pour vous.
| Profil d’outil | Logique | Exemple |
|---|---|---|
| Périmètre large, profondeur faible | Tout couvrir sans exceller nulle part. Pertinent pour les TPE et petites PME aux besoins simples. | Mailchimp ou Brevo dans leurs offres basiques. |
| Périmètre étroit, profondeur forte | Verticalisation sur un usage précis avec sophistication poussée. Pertinent pour les acteurs spécialisés. | Klaviyo sur l’e-commerce, Splio sur la fidélité, ActiveCampaign sur l’automation. |
| Périmètre large, profondeur forte | Couverture complète avec sophistication sur chaque dimension. Coût élevé, complexité de déploiement. | Adobe Campaign, Salesforce Marketing Cloud, Selligent. |
| Périmètre étroit, profondeur faible | À fuir. Outils sous-paramétrés sans spécialisation claire. | Profil rare aujourd’hui…le marché a sélectionné les autres. |
La règle est simple :
- Évaluez d’abord le périmètre : l’outil sait-il faire ce dont j’ai besoin ? C’est un filtre binaire.
- Puis évaluez la profondeur et c’est là que se joue la vraie discrimination entre les finalistes.
La grille de lecture de la profondeur fonctionnelle d’un Logiciel CRM Marketing
Voici cinq dimensions sur lesquelles évaluer la profondeur d’un outil. Pour chacune, nous identifions trois niveaux et un exemple de question concrète à poser en démo.
Le modèle de données
Le modèle de données est la fondation invisible de toute votre exploitation.
Trois niveaux à connaître :
- Niveau 1, base mono-table : une seule table de contacts, avec des champs personnalisés. Vous pouvez créer des segments dynamiques mais vous ne pouvez pas stocker les transactions ou un catalogue produits dans des tables dédiées. La segmentation reste limitée aux champs de la table contacts.
- Niveau 2, base multi-tables figée : vous avez des tables dédiées pour les transactions, les produits, les interactions. La segmentation devient beaucoup plus fine (« contacts ayant réalisé X achats sur 90 jours »). Limite : vous ne pouvez pas modifier facilement le modèle de données pour créer une nouvelle table si besoin.
- Niveau 3, base multi-tables souple avec agrégats : vous créez de nouvelles tables comme vous l’entendez. Vous calculez des agrégats (« panier moyen sur la boutique A sur 90 jours »). Les outils proposant ce niveau intègrent généralement des capacités de retraitement de données.
Question à poser en démo : « Puis-je créer une nouvelle table custom dans le modèle de données et l’utiliser pour de la segmentation ? »
L’éditeur d’emails
La capacité créative et la productivité de vos équipes dépendent de la qualité de l’éditeur.
Trois niveaux :
- Niveau 1, éditeur basique : blocs préformés, peu d’options de personnalisation des marges, des polices ou des couleurs.
- Niveau 2, éditeur riche : personnalisation fine de la mise en page, variables de personnalisation contextuelle, gestion des images responsive, A/B testing intégré.
- Niveau 3, éditeur modulaire : composants réutilisables entre templates, templates dynamiques (le contenu varie selon le destinataire), gestion multi-marque, validation visuelle avant envoi.
Question à poser en démo : « Pouvez-vous me créer un email qui insère automatiquement les 3 derniers produits abandonnés en panier par chaque destinataire ? »
Le marketing automation
La sophistication des workflows est ce qui distingue le plus visiblement les outils du segment mid-market :
- Niveau 1 : triggers basiques (ouverture d’email, ajout à une liste, soumission de formulaire). Actions limitées (envoi d’email, ajout de tag, mise à jour de champ).
- Niveau 2 : triggers comportementaux (visite de page web, abandon de panier, inactivité sur X jours, changement de valeur d’un champ). Branchements conditionnels, scoring intégré, scénarios multi-étapes avec délais paramétrables.
- Niveau 3 : événements personnalisés via API, scoring dynamique modifiable dans le scénario, branchements conditionnels sur 5+ critères combinés, actions avancées (générer un webhook, déclencher un scénario externe, modifier dynamiquement une appartenance à un segment).
Question à poser en démo : « Pouvez-vous me construire un scénario qui déclenche un email différent selon le score du contact ET selon sa dernière catégorie de produit consulté ? »
Le tracking web
La capacité à tracer le comportement de vos contacts sur votre site conditionne la qualité de votre marketing comportemental :
- Niveau 1, goal tracking : suivi d’objectifs spécifiques (achat, ajout au panier, téléchargement) via tags posés sur des pages clés. Permet des cas d’usage simples comme la relance panier abandonné non personnalisée.
- Niveau 2, tracking identifié : suivi de toutes les pages visitées par un contact identifié. Permet de personnaliser des messages en fonction du parcours de navigation récent.
- Niveau 3, tracking rétrospectif : stockage des actions anonymes et association rétroactive au userID quand le visiteur s’identifie. Permet de remonter l’historique de navigation d’un contact avant son identification.
Question à poser en démo : « Si un visiteur anonyme consulte 10 pages produit puis s’inscrit à la newsletter, puis-je voir son historique de navigation des 30 derniers jours dans sa fiche contact ? »
La personnalisation et le reporting
Dernier bloc, souvent négligé en démo mais déterminant à l’usage.
- Niveau 1 : variables simples (prénom, nom, ville). Reporting standard (taux d’ouverture, clic, désabonnement).
- Niveau 2 : personnalisation contextuelle (contenu différent selon segment d’appartenance). Reporting par segment, par campagne, par scénario.
- Niveau 3 : personnalisation IA, blocs de contenu dynamiques, recommandations produits intégrées. Reporting par cohorte, par FAI, par carte de chaleur, attribution multi-touch.
Question à poser en démo : « Puis-je voir le taux de délivrabilité de mes campagnes ventilé par fournisseur d’accès (Gmail, Outlook, Yahoo) ? »
Pour aller plus loin sur les fonctionnalités attendues, consultez notre panorama complet des fonctionnalités d’un CRM marketing.
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Notre positionnement est sans ambiguïté. Nous sommes indépendants des éditeurs. Nous ne revendons aucune licence, nous ne touchons aucune commission, nous n’avons aucun partenariat commercial. Notre seul critère est l’adéquation entre l’outil et votre stratégie.
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